Quand pointe la nuit, elle craque une allumette.
Les ombres déguisent ses angoisses nocturnes.
Ces ombres sont si souples sous leur coiffe brune !
Elle s'en fait une robe sombre; elle s'apprête.
Voilée d'un noir velours, elle va à la fête -
A ce bal intemporel, hors le monde diurne.
Là dansent les couleurs, mille dames de Prune,
Et tant de Bleus galants; tant d'amitiés muettes !
Elle craque une allumette pour tout oublier :
Tristesse, solitude, et le temps du sablier.
Ces couleurs acérées aiguisent les douleurs -
Elles ficellent son cœur - il se morcèle en miettes.
Quand pointe la nuit, elle craque une allumette,
Elle se brûle aux doigts; elle pleure sans frayeur.
09/11/2008
La fille aux allumettes
D'
InSan
à
22:10
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